Home-Made
Stückentwicklung

Was könnte mehr „home-made“ sein als ein Kind? Home – Heimat, Zuhause, Mutter, Umfeld. Ein Fixpunkt in der Frage nach Herkunft und Zugehörigkeit. Ein Geflecht aus Regeln und Konventionen. Ein Ort der Geborgenheit, vielleicht auch der Enge. Wie soll man sich von diesem Raum lösen bei dem Versuch, einzigartig und anders zu werden? Von diesem Raum, den man vielleicht gerade deswegen „Zuhause“ nennt, weil man ihn inzwischen verlassen hat; weil man dort seine Vertrauten findet, weil er einem vertraut ist. Ein Traumort, ein Sehnsuchtsort, ein Ort der Kindheit, der längst der Vergangenheit angehört, der Erinnerung, dem Unerreichbaren.

Home-Made ist von Fritz Zorns autobiographischen Roman Mars inspiriert. Dessen Protagonist, ein junger Züricher Milliardär, beginnt in dem Moment, als er von seiner unheilbaren Krankheit erfährt, die eigene Erziehung radikal in Frage zu stellen. Diesem Eintauchen in seine Erinnerungen entspringt eine so präzise wie harte Kritik an seiner bürgerlichen Erziehung.

Im Spannungsverhältnis zwischen Anziehung und Abstoßung versucht Home-Made das ambivalente Verhältnis eines Individuums zu seinem familiären und sozialen Umfeld freizulegen, von dem ausgehend es sich selbst konstruiert. Dabei webt die Theaterkompanie mikro-kit einige Motive aus Mars in den eigenen durch Improvisationen und Recherche inspirierten Text, stellt durch das Prisma individueller Lebenswege die Frage nach dem Konstruktionsprozess von Identität und verschränkt fiktive Figuren mit dokumentarischem Material.

Es spielen:
Baptiste Coustenoble und Tomas Gonzalez

Text und Regie: Magali Tosato
Text und Dramaturgie: Lydia Dimitrow
Bühne und Kostüme: Franziska Keune
Video: Fanny Guichard
Deutsche Übertitel: Lydia Dimitrow

Premiere am 22.09.2015 / Théâtre de Vidy, Lausanne

Sprache: französisch, deutsche Übertitel vorhanden

Presse zu „Home-Made“:

Dandy en deshérence

SORTIRch
Octobre 2015 SORTIRch

« On se souvient de Mars, électrochoc signé Fritz Zorn en 1977 et magnifiquement interprété par Jean-Quentin Châtelain dès 1992. La confession d’un jeune Zurichois convaincu que son cancer était dû à son milieu, cette bourgeoisie fortunée de la Goldküste dont la richesse émotionnelle et humaine était inversement proportionnelle à celle du compte en banque. Magali Tosato, nouvelle venue sur la scène contemporaine, reprend cette idée de dandy en deshérence et l’étudie sous l’angle de la perte de réalité. « Ce qui est intéressant, dit la jeune femme qui s’est formée à la prestigieuse école de théâtre Ernst Busch, à Berlin, c’est de comprendre pourquoi un mâle hétérosexuel blanc et riche, qui a toutes les cartes en main, ne peut pas les utiliser. » Un empêchement que cette diplômée en histoire et littérature française visite sous l’angle de l’absurde, au moyen d’improvisations et de recherches documentaires. (...) Sur le plateau, Tomas Gonzalez et le très habile Baptiste Coustenoble »

A Vidy-Lausanne, Magali Tosato, nouvelle venue sur la scène romande, interroge l’aliénation de toute éducation en proposant à ses deux comédiens d’explorer cette thèse sous l’angle privé

Marie-Pierre Genecand
29.09.2015 Le Temps

« Et si la mère nourricière marchait main dans la main avec la mère patrie pour fabriquer de parfaits citoyens ? Et si, en transmettant ses valeurs d’obéissance, de réussite et de bonheur tranquille, la Suissesse moyenne contribuait à une vaste entreprise de conditionnement ? Ces questions, qui claquaient déjà au coeur de Mars, de Fritz Zorn, dans des termes violents, animent de façon plus douce Home-Made, spectacle de Magali Tosato, nouvelle venue sur la scène romande. Entre plantes vertes et pupitres, deux comédiens puisent dans leur propre vécu de quoi questionner la thèse posée par l’intelligentsia helvétique des années 1970. Une manière moins idéologique et plus drôle de faire le procès de l’aliénation que suppose toute éducation. (…) La part privée ? Elle est illustrée par des vidéos projetées sur une paroi en bois, au bas de laquelle on peut lire, en découpe, un ironique « Paradiso ». Hilarants, ces films amateur montrent Baptiste, petit, interpréter notamment un morceau de fromage sautant dans un caquelon pour la danse de la fondue (véridique). Le public rit, mais réalise aussi l’immuable archaïsme de ces rondes scolaires… Biographiques aussi, ces moments où les deux acteurs interrogent leur maman, caméra au poing. Une parole touchante, qui avoue « la peur d’être quittée » et dit l’ambiguïté de la relation. A travers Max Frisch et Fritz Zorn, on entend des propos plus durs sur ce système pensé par les édiles et relayé par les sujets pour étouffer toute envie de résister. En Suisse, l’éducation, comme la société, est lisse et joyeuse. Et terrifiante. » *Extrait de « Ô maman suppôt de l’Etat »*